Cette fois, Ward opère sous le nom des French Comedy Bastards. Sur la scène du Studio Juste pour rire, l'idée n'est toutefois pas de présenter un spectacle de stand-up typiquement anglophone.
«J'ai remarqué, en allant voir des shows d'humour anglophone, qu'il y a plus de gags que dans les numéros des humoristes francophones, mais pas de montée dramatique, dit Ward. En français, l'humour est plus théâtral. L'idée m'est donc venue l'an dernier, après un show dans l'est du Canada, de proposer un spectacle francophone... mais en anglais.»
Avec Maxim Martin, il a traduit des numéros qu'ils ont déjà présentés en français, notamment dans les spectacles nocturnes Zone interdite. Au cours d'un show de 75 minutes, sans entracte, les trois humoristes y vont, à tour de rôle, d'une prestation de 12 minutes, pour ensuite opérer en duo et en trio.
«C'est super excitant! lance Maxim Martin, qui a commencé sa carrière d'humoriste en anglais, à Winnipeg, au début des années 90. Comme premier job, j'ai été placier dans un Comedy Club, là-bas. J'y ai vu passer des Denis Leary, Chris Rock et Ray Romano du temps où ils n'étaient pas connus.»
Déjà, dans les clubs de Winnipeg, Maxim Martin rêvait de se rendre à Minneapolis et éventuellement de faire carrière à New York. C'était avant que Juste pour rire entre dans sa vie. Des auditions tenues à Saint-Boniface, près de chez lui, l'ont rapidement mené à Montréal... et, plus tard, à Paris!
Le matériel francophone des Ward et Martin a-t-il de quoi plaire aux anglo-québécois? «Il n'y a rien de spécifiquement québécois dans mes textes», répond Maxim Martin pour qui les French Comedy Bastards est le début d'une nouvelle aventure. «Ce n'est pas le projet d'un seul été. D'autant plus que Just for Laughs grossit. À Toronto et Chicago notamment.»
Canöé.ca - Juillet, 08 - FRENCH COMEDY BASTARDS
Retour aux sources pour Ward, Martin et Séguin
Adaptés d’anciens numéros de chacun des trois humoristes présents sur scène, French Comedy Bastards se veut une incursion dans l’univers aux antipodes du politically correct dans lequel évoluent les créateurs.
Aucun sujet, ou presque, est hors de portée pour les trois humoristes. Même si le matériel est connu des francophones (les enfants obèses de Mike Ward, le trip de champignons magiques de Maxim Martin, entre autres), il est bon de le redécouvrir traduit et adapté pour la langue de Shakespeare.
«Le public anglophone est different», d’expliquer Mike Ward ,«les francophones te laissent le temps d’installer ton histoire. Les anglos veulent rire tout de suite.»
Faut voir, et surtout entendre, Derek Séguin massacrer l’anglais avec un accent à couper au couteau dans un numéro délirant mêlant politique et vie familiale.
Et que dire de Ward et Martin, qui reprennent le numéro des amis de gars vraiment trop près l’un de l’autre, présenté initialement par Martin et Louis-José Houde.
«Là, je fais le gars qui se fait licher du miel sur le chest» de dire Maxim Martin, «chaque fois il (Ward) sort sa langue et me chatouille le mamelon et ça me gosse…» Mais l’humoriste nuance: «j’pourrais pas trouver un meilleur partenaire de miel que Mike Ward…»
Une tournée?
Même si Ward insiste pour dire que l’humour en anglais n’est qu’un passe-temps pour lui, Maxim Martin et Derek Séguin aimeraient bien tâter le pouls du côté du ROC, question d’exporter leur type d’humour typically québécois au Canada anglais. Peut-être quelques séances de miel réussiraient à convaincre Mike? C’est à voir!
